RESPECT ET TRADITION

LE DOJO

Le dojo est à l'origine un sanctuaire dédié à un Kami en rapport avec la Guerre.

Dojo signifie "Lieu de la Voie"

C'est, en principe une pièce rectangulaire dont le sol est soit en plancher brut, soit recouvert de tatami en paille (synthétiques aujourd'hui).

Dojo plan de situation 27072000

La configuration de ce lieu est particulière :

- Le point central du dojo est le Shômen ou Kamiza. La partie la plus sacrée du dojo, celle qui accueille les instructeurs et les hôtes de marque. Le Kamiza est une sorte d'autel que l'on se doit de respecter et d'entretenir scrupuleusement. Le Kamiza peut être décoré sobrement, avec des photos de maîtres, les blasons de l'école, la devise,...

Il est strictement interdit d'y déposer des armes (sauf un katana posé sur katanagake) ou un quelconque objet inapproprié. Il devrait en principe se trouver face au Sud pour recevoir la lumière du soleil.

- Le Shimoza est la partie "opposée" au Kamiza, c'est là que les élèves se placent.

- Le côté "haut" appelé Joseki est la partie réservée aux instructeurs et aux assistants durant l'entraînement.

- Le côté "bas" ou Shimoseki est la partie où s'installent les élèves lorsque les instructeurs sont du côté Joseki.

C'est idéalement là que se trouve l'entrée publique.

Lorsque les élèves s'assoient, ils le font par ordre d'ancienneté, les plus hauts gradés se trouvant du côté Joseki et les rangs inférieurs du côté Shimoseki.

La raison de cette disposition de gauche à droite par rapport aux instructeurs est ancienne. Elle remonte à la naissance des écoles de sabre, vers le XVe siècle. Par définition, les anciens sont plus connus des Senseï et les moins anciens sont inconnus ; les moins anciens peuvent être malintentionnés ou être des espions d'un autre clan.

Comme le sabre se porte du côté gauche, dans la ceinture et les lanières du hakama, il est plus facile de trancher un assaillant à droite qu'à gauche. Si un nouveau se précipitait pour tenter d'assassiner le Senseï, il faudrait préalablement sortir le sabre pour pouvoir frapper.

Il existe également une autre raison. Au bon vieux temps des casses de dojo, il incombait aux nouveaux arrivants de se précipiter en premier pour barrer la route aux intrus, il fallait donc les placer devant la porte.

Il est aussi possible de rencontrer un Torii (portail Shintoîste) à l'entrée du Dojo. Il marque la frontière entre le sacré et le profane. La coutume veut que l'on s'incline au passage et qu'il soit traversé dans les deux sens (à l'aller et au retour).

Le respect de l'étiquette dans le dojo est extrêmement important. Elle varie d'une école à l'autre, mais en s'y conformant strictement, il y a peu de risques de commettre d'impair en présence d'un pratiquant d'une autre école.

Il faut saluer avant d'entrer et de sortir du tatami.

L'entraînement débute et se termine par le salut.

Il faut saluer et remercier ses partenaires au début et à la fin de l'exercice.

Lorsqu'un instructeur apporte une correction ou donne une injonction, il faut s'y conformer, le saluer et le remercier.

Il faut toujours se tenir droit, porter une tenue propre, avoir une hygiène corporelle correcte et ne pas s'affaler comme sur une plage.

Il faut s'abstenir de bavarder, de siffler, de chanter, etc. pendant la pratique

Les armes et le matériel doivent être manipulés avec le plus grand respect.

Il faut toujours demander la permission de quitter le tatami pendant la pratique, si cela s'avère strictement nécessaire.

On ne passe jamais au-dessus d'une arme, particulièrement si elle appartient à une autre personne, ce geste constituerait une insulte.

Lorsqu'une personne pose son hakama pour le replier, il est tout aussi insultant de passer au-dessus ou de marcher dessus.

Il faut tâcher de se déplacer sans traverser le tatami en oblique, cela impliquerait un passage devant d'autres personnes, ce qui est considéré comme un manque de respect. S'il est impossible de faire autrement, il faut signaler poliment son passage d'un signe de la main et s'excuser auprès de la personne que l'on croise.

Lorsque l'on est en seiza et qu'il faut se déplacer, il est correct de faire shikko plutôt que de se relever et s'asseoir à nouveau.

Si l'on a été invité à s'approcher des instructeurs, il ne faut pas leur tourner le dos pour retourner à sa place ; on marche à reculon si c'est possible, sinon on se retourne seulement après s'être éloigné et avoir salué.

L'ensemble de ces règles constitue le Reigizaho (Reishiki) et est résumé dans les Dojo Kun.

Il n'existe que quelques règles qui sont généralement écrites, les autres étant transmises oralement.

Il arrive fréquemment que de petites erreurs soient commises ; dans ce cas, les instructeurs et les sempaï doivent l'expliquer. Petit à petit, ces règles deviennent une manière d'être.

Le tout est de faire preuve de bon sens, car celui qui a naturellement de bonnes manières pourra facilement assimiler l'étiquette.

Le Dojo est une structure typiquement japonaise. Les chroniques rapportent que le premier construit le fut sur ordre de l’empereur Kammu ( 736 - 805) qui lui appliqua les préceptes Confucianistes qui régnaient à l’époque au tout début de la période Héian . Il fit édifier le « Butokuden » ou « Salle de la Vertu Chevaleresque » dans le parc du Palais Impérial de Kyoto.

Afin de se conformer à l’ancienne tradition chinoise, ce dojo devait appuyer son mur principal sur le « Guerrier Noir », donc l’empereur du Nord, ce qui était le titre préféré de l’empereur Kammu. Celui–ci prenait donc place sur la partie centrale de ce mur du nord devant le Shinza ( Shinza signifie littéralement Assise ( Za) du cœur-esprit (Shin) .

C’est donc le lieu essentiel du dojo, où réside l’Esprit Originel. Suivant le rituel chinois ancien relaté par Lao Tseu, le généralissime devait s’asseoir à sa gauche, donc à l’Est. Cet emplacement d’honneur prit le nom de Kamiza : C’est l’assise (Za) des esprits (Kami). Le mur opposé ( à l’ouest) est appelé Shimoza : (Za) l’assise, (Shimo des ancêtres – du verbe shimeru être à l’origine). Ce triptyque se confond en l’unité qui est matérialisée par l’autel le Tokonoma situé devant le Shinza où on dispose des objets consacrés, bien souvent un petit miroir ou une paire de sabres. Bien que les sabres demeurent au fourreau, la laque polie joue également le rôle d’un miroir. On n’est jamais trop prudent quand on tourne le dos à des gens armés….

Dans des périodes moins troublées, le Tokonoma était orné d’une calligraphie ou d’une photo représentant le Maître des lieux ou le fondateur du dojo. Au sud se trouvait généralement l’entrée ainsi que l’aire d’attente qui était le lieu profane ou s’effectuaient les formalités administratives. A partir de cette aire d’attente, et jusqu’au milieu du Shinza, le Dojo était séparé en deux par une ligne fictive. Cette ligne représentait l’axe du monde. Bien souvent, un rideau ou des panneaux coulissants séparaient cette aire d’attente du dojo. Ainsi on pouvait conserver la confidentialité de certains cours.

Le Hanshi prend place sur la ligne centrale, dos au Kamiza, les Kyoshi prennent place sur le côté du Kamiza, les Renshi prennent place sur le côté du Shimoza et les deux regardent en direction de la ligne centrale. Les Shushi prennent place face au Kamiza, les Monshi et les Kenshi prennent place face au Shimoza. Viennent ensuite les Dan, les grades (Kyu) et les néophytes (Mukyu) qui sont tournés vers le Shinza et saluent celui-ci. 

Cette disposition spécifique du dojo impliquaient des déplacements qui ne l’étaient pas moins et, à moins de passer pour un barbare, il convenait d’apprendre à évoluer harmonieusement suivant les règles du Dojo : le Kihontaï. On entre et on sort du tatami par la partie du côté du Shimoza, en saluant en direction du Kamiza et en déplaçant en premier le pied situé du côté du Shimoza, donc généralement le pied gauche. Ensuite, en se déplaçant dans le Dojo et sur le tatami, il convient que la jambe qui se déplace en premier ne présente pas son coté externe au Kamiza. Il faut donc se souvenir que le pied qui se déplace en premier présente sa face interne. Lorsqu’on est face au Shinza et dans la partie gauche, il faut donc déplacer le pied gauche d’abord et dans la partie droite le pied droit d’abord ; Cela s’inverse quand on tourne le dos au Shinza.

Pratiquer autrement dans un Dojo traditionnel est une faute d’éducation. A vrai dire les Japonais ne le feront pas remarquer ou très rarement, car ils considèrent les occidentaux (gaïjin) comme de grossiers barbares qu’il est difficile d’éduquer à ces subtilités. Il est également considéré comme une impolitesse de passer entre le Kamiza et un ancien ou un enseignant.… On ne passe pas dans le dos d’un plus gradé que soi, sauf s’il en donne l’autorisation expresse. Il convient alors de le saluer d’une simple inclinaison du buste. On ne passe bien évidemment JAMAIS dans le dos de l’enseignant, entre lui et le Shinza (sauf bien entendu s’il se déplace dans le Dojo).

Tout ceci peut sembler un peu compliqué, mais était rendu nécessaire par l’utilisation d’armes dangereuses et tranchantes comme des rasoirs. Il convenait alors de savoir où chacun se trouvait. De même cela évitait bon nombre d’accidents lors de projections intempestives. Ces simples règles évitaient tout simplement le risque d’un coup de sabre ou de recevoir un pratiquant dans les jambes. 

 

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